lundi 13 mars 2017

jeudi 9 mars 2017

Bérénice en pays catalan...


Vendredi 17 mars à 20h30 au centre culturel Jean-Jaurès
« Bérénice ou les racines du mâle » une pièce de Lionel Messey, mise en scène par Chantal Bauvais, interprétée par le Pi-Atelier Théâtre.
Dans un monde imaginaire, deux femmes jusque là recluses font la découverte d’un homme, espèce inconnue à leurs yeux. Cet évènement va bouleverser leur conception de l’univers quelque peu étriquée.
Tout public
Prix d’entrée : 6 €, gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.
Réservations : 06 50 38 20 76
 
 
 
 

mercredi 28 décembre 2016

La Semaine de Suzette



En 1933, moyennant la modique somme de 35 centimes de Francs, vous pouviez transmettre de jolies valeurs à vos petites filles…
Il y aurait tant à dire sur ce qu’on nomme « les valeurs » et notamment celles de la République dont nos politiques ont la bouche si bien remplies. Ce qui finit par ne plus vouloir rien dire. 
En attendant, amusons-nous à lire ces « préceptes » d’un autre âge. J’en suis personnellement d’autant plus amusé pour avoir connu dans mon enfance de véritables garces, brutales et vicieuses. Où diable était leur « bon petit cœur » ? 
Sans aucun doute, leur maman ne leur avait pas offert la « Semaine de Suzette » !

dimanche 18 septembre 2016

Bérénice ou les racines du mâle

Bérénice chez nos cousins d'Amérique. Comprendra t-elle mieux les hommes au pays des colibris, des castors et des ratons laveurs ?


vendredi 9 septembre 2016

dimanche 21 août 2016

Mon ami Jean-Jacques...



Vivant à peu de chose près ces moments de pure et grande humanité, je m'empresse de les partager :


Madame de Vercellis ne m'a jamais dit un mot qui sentît l'affection, la pitié, la bienveillance. Elle m'interrogeait froidement; je répondais avec réserve. Mes réponses étaient si timides qu'elle dut les trouver basses et s'en ennuya. Sur la fin elle ne me questionnait plus, ne me parlait plus que pour son service. Elle me jugea moins sur ce que j'étais que sur ce qu'elle m'avait fait ; et à force de ne voir en moi qu'un laquais, elle m'empêcha de lui paraître autre chose.

Je crois que j'éprouvai dès lors ce jeu malin des intérêts cachés qui m'a traversé toute ma vie, et qui m'a donné une aversion bien naturelle pour l'ordre apparent qui les produit. Madame de Vercellis, n'ayant, point d'enfants, avait, pour héritier, son neveu le comte de la Roque, qui lui faisait assidûment sa cour. Outre cela, ses principaux domestiques, qui la voyaient tirer à sa fin, ne l'oubliaient pas ; et il y avait tant d'empressés autour d'elle, qu'il était difficile qu'elle eût du temps pour penser à moi. A la tête de sa maison était un nommé M. Lorenzi, homme adroit, dont la femme, encore plus adroite, s'était tellement insinuée dans les bonnes grâces de sa maîtresse, qu'elle était plutôt chez elle sur le pied d'une amie que d'une femme à ses gages. Elle lui avait donné pour femme de chambre une nièce à elle, appelée mademoiselle Pontal ; fine mouche, qui se donnait des airs de demoiselle suivante, et aidait sa tante à obséder si bien leur maîtresse, qu'elle ne voyait que par leurs yeux et n'agissait que par leurs mains. Je n'eus pas le bonheur d'agréer à ces trois personnes : je leur obéissais, mais je ne les servais pas ; je n'imaginais pas qu'outre le service de notre commune maîtresse, je dusse être encore le valet de ses valets. J'étais d'ailleurs une espèce de personnage inquiétant pour eux. Ils voyaient bien que je n'étais pas à ma place ; ils craignaient que madame ne le vît aussi, et que ce qu'elle ferait pour m'y mettre ne diminuât leurs portions : car ces sortes de gens, trop avides pour être justes, regardent tous les legs qui sont pour d'autres comme pris sur leur propre bien. Ils se réunirent donc pour m'écarter de ses yeux. Elle aimait à écrire des lettres; c'était un amusement pour elle dans son état : ils l'en dégoûtèrent et l'en firent détourner par le médecin, en la persuadant que cela la fatiguait. Sous prétexte que je n'entendais pas le service, on employait au lieu de moi deux gros manants de porteurs de chaise autour d'elle : enfin l'on fit si bien, que, quand elle fit son testament, il y avait huit jours que je n'étais entré dans sa chambre. Il est vrai qu'après cela j'y entrai comme auparavant, et j'y fus même plus assidu que personne, car les douleurs de cette pauvre femme me déchiraient; la constance avec laquelle elle les souffrait me la rendait extrêmement respectable et chère, et j'ai bien versé, dans sa chambre, des larmes sincères, sans qu'elle ni personne s'en aperçût.

Nous la perdîmes enfin, je la vis expirer. Sa vie avait été celle d'une femme d'esprit, et de sens ; sa mort fut celle d'un sage. Je puis dire qu'elle me rendit la religion catholique aimable, par la sérénité d'âme avec laquelle elle en remplit les devoirs sans négligence et sans affectation. Elle était naturellement sérieuse. Sur la fin de sa maladie elle prit une sorte de gaieté trop égale pour être jouée, et qui n'était qu'un contrepoids donné par la raison même contre la tristesse de son état. Elle ne garda le lit que les deux derniers jours, et ne cessa de s'entretenir paisiblement avec tout le monde. Enfin, ne parlant plus, et déjà dans les combats de l'agonie, elle fit un gros pet. Bon ! dit-elle en se retournant : femme qui pète n'est pas morte. Ce furent les derniers mots qu'elle prononça.

(Les Confessions - Jean-Jacques Rousseau)