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| sous-bois du Domaine au printemps |
HISTOIRE DE PARLER
Le Domaine, octobre 2026
Il détestait les expressions toutes faites, aussi aimait-il les transformer, les tordre, les détourner de leur sens pour obtenir un effet comique ou ridicule.
Ainsi, déclarait-il de façon sentencieuse : « je ne possède pas de mobilier dernier cri parce que je souhaite m’asseoir en silence. »
« Un spectacle vivant ? se gaussait-il, je préfère les spectacles morts, au moins, on ne s’y ennuie pas ! »
Ainsi fatiguait-il son auditoire en maltraitant la pluie et le beau temps, la destinée, l’âge ou le bonheur.
Tel Rivarol, il était redouté, même s’il faisait rire. Les gens surveillaient leurs phrases. Quand on le pouvait, on évitait ses saillies verbales.
Il mourut sans un mot : il était cohérent.
Personne n’eut la malencontreuse idée de prononcer : « Ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont ».

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